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"Koolulam", une chorale spontanée pour rassembler

Mardi 4 juin 2019 par Nathalie Hamou
Publié dans Regards n°1045

Né en mai 2017, « Koolulam » est un projet social autour de la chanson, conçue comme vecteur de rapprochement. Une leçon d’humanisme.

 

« Koolulam » : à lui seul, le nom de cette initiative constitue tout un programme ! Il s’agit en effet d’un jeu de mot multiple autour de l’adjectif anglais « cool », du nom commun hébreu « kulam » (tout le monde), du mot hébreu « kol » (voix), et sans oublier le cri « kululu », le son d’ululation de joie des Israéliens d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient dans les bar-mitsvot et les mariages.

Le principe de ce projet social autour de la chanson né voilà tout juste deux ans en Israël : réunir des centaines, voire des milliers de personnes qui ne se connaissaient pas avant, leur apprendre par groupe, en 45 minutes, les différentes voix de l’arrangement d’une chanson connue, puis la chanter tous ensemble. Une chorale spontanée, émouvante et qui rassemble des personnes de tous bords.

De fait, quand ils ont conçu l’initiative, les trois fondateurs de Koolulam, Ben Yefet (chef d’orchestre), Michal Shahaf Shneiderman (directrice d’une agence de publicité digitale) et Or Taicher (scénariste), souhaitaient obtenir un sentiment de cohésion entre les gens. Tout commence lorsque Or Taicher, un activiste social âgé de 33 ans, tombe sur une vidéo de fidèles massés sur la place devant le Mur des Lamentations, chantant à l’unisson et avec ferveur à Yom Kippour. C’est alors qu’il a eu l’idée de Koolulam : utiliser la musique et la créativité pour unir les Israéliens à grande échelle.

La grande première a eu lieu le 2 mai 2017, à Tel-Aviv, autour de la chanson « Or Gadol » d’Amir Dadoun. Pas moins de 540 personnes ont appris les voix de la chanson en moins d’une heure. « Nous avons prouvé la raison d’être de Koolulam », ont rapporté les fondateurs.

Parmi les principes de base de ces rencontres figurent le fait d’être accessibles aux personnes à mobilité réduite, de prévoir des traducteurs en langue des signes, de fournir des chaises aux personnes âgées, de veiller à ce que toutes les générations connaissent la chanson. Les chansons sont pour la plupart en hébreu, mais Koolulam a aussi entonné des chants en anglais et en arabe. De sorte que ce rendez-vous puisse être considéré comme universel.

Les temps forts de la vie israélienne

Autre caractéristique de Koolulam, dont les billets (proposés à 40 shekels - 10 euros) se vendent comme des petits pains une fois mis en ligne, celui de ponctuer les temps forts de la vie israélienne. Sachant que les Israéliens sont de grands adeptes du chant en public, ou « shira be tsibour ». Pour Yom haShoah, par exemple, les organisateurs ont réuni des survivants de la Shoah avec leurs descendants. Pour le premier Jour de l’Indépendance (Yom Haatzmaout), pas moins de 12.000 personnes ont chanté avec Shlomi Shabbat et le président de l’Etat, Reuven Rivlin.

Des Koolulam ont aussi été organisés dans un hôpital pour enfants ou dans des écoles. Un produit KoolSchool est même développé pour enseigner aux écoles comment produire leurs propres événements de style Koolulam (y compris la production vidéo) ! A chaque fois, le même enthousiasme se reproduit, lorsque le chef d’orchestre, Ben Yefet, se met à bouger sur scène et à électriser les foules. Ce dernier crée aussi des arrangements pour les chansons, les enseigne en 45 minutes environ, puis dirige les chœurs ad hoc pour les enregistrements.

Le succès des Koolulam a été tel que les trois fondateurs ont abandonné leur travail respectif pour se concentrer uniquement sur cette initiative sociale. Il est vrai que l’équipe a de grandes ambitions. Comme celui de tester la formule dans de nouveaux environnements comme celui des prisons, ou de voyager avec le concept auprès des communautés juives du monde entier sans que cela soit limitatif. En juin 2018, des milliers de Juifs, chrétiens et musulmans ont chanté la chanson de Bob Marley, « One Love », à Jérusalem… Une réunion honorée par la présence de Yahya Cholil Staquf, un dignitaire religieux d’Indonésie, venu spécialement pour assister à l’évènement. Une semaine plus tard, l’Indonésie qui n’entretient pas de relations diplomatiques avec l’Etat hébreu, annonçait ouvrir ses portes aux détenteurs de passeports israéliens. L’effet Koolulam ? Une chose est sûre, les promoteurs du projet veulent être un vecteur de changement social.

« Il y a tant de fractures sociales qui doivent être comblées ! Peu importe si vous êtes de gauche ou de droite, laïque ou religieux, Juif ou Arabe, Koolulam vise à réduire la défiance et à créer de la fraternité », a confié Or Taicher dans les colonnes du média en ligne Al Monitor. « A partir du moment où vous prenez garde à la personne qui se tient à côté de vous, que vous comprenez la nécessité de la respecter ainsi que son opinion, tout le reste peut fonctionner ».

Plus d’infos https://www.koolulam.com/ - Sur Youtube


 
 

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