Israël/Reconnaissance

Yad Vashem rend hommage à la famille de "Justes" qui a sauvé Georges Gutelman

Mercredi 2 mai 2018 par Nathalie Hamou

Yad  Vashem honore ce jeudi 4 mai 2018 la famille de Justes qui a caché l’homme d’affaires belge pendant la guerre. Georges Gutelman s’est distingué depuis en contribuant de manière décisive au sauvetage des Juifs d’Ethiopie.

De gauche à droite: l'ambassadeur de Belgique en Israël Olivier Belle, Georges Gutelman, Jacqueline Lamberty (la fille de la famille Lamberty) et Anick Van Calster, directrice générale Relations bilatérales pour la Belgique.

L’Institut Yad Vashem a accueilli ce mercredi les cyclistes du Tour d’Italie (qui prendra son départ vendredi de Jérusalem), afin d’honorer la mémoire du « campionissimo » Gino Bartali, triple vainqueur du Giro reconnu « Juste parmi les Nations » en 2013 pour sa participation à un réseau de sauvetage des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. Mais le Mémorial de la Shoah de Jérusalem a également prévu d’organiser une cérémonie non moins importante pour le monde juif et la communauté belge.

Yad Vashem tiendra en effet ce 3 mai une cérémonie visant à honorer à titre posthume les époux belges Henri et Emilie (Neyes) Lamberty, reconnus en juin 2017 comme « Justes parmi les Nations », pour avoir caché l’homme d’affaires liégois Georges Gutelman pendant la Seconde guerre mondiale. Une descendante du couple, Jacqueline Lamberty, viendra recevoir la médaille et le certificat d’honneur, en présence de l’ambassadeur de Belgique en Israël, Olivier Belle, et surtout de Georges Gutelman et de son épouse Aline.

Cette récompense prend un relief particulier, dans la mesure où l’homme d’affaires belge s’est par la suite distingué en contribuant de manière décisive au sauvetage des Juifs d’Ethiopie…  Et qu’il n’avait pas encore été honoré pour son rôle décisif par les autorités israéliennes. Né en 1938 de parents immigrés polonais installés en Belgique, Georges Gutelman fut caché, comme son frère, à la fin de l’année 1942 (à l’âge de 3 ans) par son père, Jacques, au sein de deux familles catholiques. Sa mère, Rywka, périt à Auschwitz en septembre 1942.

C’est seulement à la fin de la guerre, avec le retour de son père, qui avait rejoint la Résistance, qu’il apprendra que sa famille adoptive, Jacques Lamberty, un  charpentier de Voroux-Goreux et son épouse, n’étaient pas ses parents biologiques.

Après une formation d’ingénieur en métallurgie, il fait carrière dans le secteur de l’aviation. Le Liégeois prend ainsi la tête d’une compagnie aérienne, la Trans European Airways (TEA). C’est dans le cadre de ces fonctions qu’il accède à la requête d’un haut responsable du Mossad de transporter d’urgence les « Falashas » vers Israël, s’imposant  avec la complicité de son épouse, Aline, comme l’architecte d’un pont aérien destiné à sauver des milliers de réfugiés juifs éthiopiens de la famine durant l’hiver 1984-1985 en les emmenant du Soudan vers Israël.

Grâce au soutien de son ami d’enfance, alors vice-Premier ministre, Jean Gol, Georges Gutelman a ainsi contribué au succès de l’Opération Moïse. Un sauvetage qui a été suspendu après avoir été rendu publique par les médias le 5 janvier 1985.

« Nous avions transporté environ 9.000 personnes. Des gens étaient morts dans les avions, des bébés y étaient nés. Sauver une vie, c’est magnifique, mais en sauver des milliers, cela donne un bonheur extraordinaire », confiait voilà deux ans Aline Gutelman, dans les colonnes de la Libre Belgique.   

Cette intervention n’a pas été sans conséquence sur l’activité de l’homme d’affaires. Suite à l’opération, la TEA a en effet perdu nombre de ses contrats dans le monde arabe et la compagnie s’est déclarée en faillite en 1994. La reconnaissance de l’entrepreneur pour son rôle joué dans l’Opération Moïse est venue beaucoup plus tard.

En 2010, Georges Gutelman a d’abord reçu une décoration du Centre académique Ruppin, une institution en charge de l’intégration des Juifs éthiopiens dans la société israélienne, avant d’être honoré cette semaine au travers de la cérémonie de Yad Vashem. Il y a huit ans, l’historien israélien, Tom Segev, lui avait consacré un article remarqué, « Le déroulement de l’histoire : Opération Georges », dans les colonnes du quotidien israélien Haaretz.

Hasard de calendrier, le même journal vient de relater comment le Mossad a mis en place en secret un centre de plongée sous-marine au Soudan pour concrétiser « l’Opération Brothers », le tout premier plan conçu par le Mossad pour sauver les Juifs Ethiopiens, selon le souhait du dirigeant israélien, Menahem Begin, dans la foulée de son élection en 1977. Une histoire qui a inspiré Gideon Raff, le scénariste de la célèbre série TV « Homeland », et sera bientôt visible sur le grand écran, avec les stars de cinéma américaines Chris Evans, Haley Bennett et Ben Kingsley.


 
 

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http://www.respectzone.org/fr/
  • Par Dov - 2/05/2018 - 16:28

    Sa mère n à pas périt à Auschwitz
    Elle a été assassinée à Auschwitz
    Metci d utiliser le vocabulaire adéquat se la langue française

    Dov

  • Par Eti Gutelman - 8/09/2018 - 10:03

    Belle reconnaissance d'une famille courageuse et patriote.
    Félicitations.