Carnet de cuisine

La soufganiya, le beignet de Hanoucca

Mardi 4 décembre 2018 par Michèle Baczynsky
Publié dans Regards n°1034

D’après l’historien Gil Marks, c’est dans le premier livre de cuisine, imprimé par Gutenberg, en 1485, qu’est mentionnée pour la première fois, la recette du gefüllte krapfen, un beignet frit à la confiture, cette pâtisserie que l’on connaît aussi sous le nom de Boule de Berlin, de paczki, en Pologne, de ponchiki en Russie, de ponchkès chez les Juifs polonais.

Et de soufganiya*, en hébreu, que l’on mange tout particulièrement à Hanoucca pour célébrer le miracle de la fiole d’huile qui aurait brûlé non pas un jour, mais huit jours, dans le Temple de Jérusalem. Ce beignet gorgé d’huile, et c’est en cela que réside l’autre miracle de Hanoucca, témoigne de la longévité de cette tradition culinaire de plats frits à Hanoucca, dans toutes les communautés juives de par le monde.

Dans la Palestine mandataire, avant 1920, les Juifs préparaient, à Hanoucca, le sfenj, un anneau de pâte levée, frit dans l’huile, que l’on trempait ensuite dans le miel, une pâtisserie introduite par les Juifs marocains, très facile à réaliser chez soi. Aussi bizarre que cela puisse paraître, cela ne jouera pas en sa faveur. Lorsque les Juifs polonais arrivent en Palestine mandataire, pour participer à la création de ce nouveau foyer juif, ils apportent avec eux le ponchkès de Hanoucca qui s’appellera désormais soufganiya et deviendra bientôt l’une des icônes de l’identité culinaire nationale naissante.

En 1920, la Histadrout, le syndicat des travailleurs juifs, dans le but de booster l’emploi dans les boulangeries industrielles du yeshouv, va inonder le marché, durant la semaine de Hanoucca, d’une très grande quantité de soufganiyot (pluriel de soufganiya), au détriment du sfenj. Aujourd’hui, on mange en Israël quelque 20 millions de soufganiyot à Hanoucca.

La cuisine, dans les cultures méditerranéennes étant une pratique collective, je vous propose cette année de réaliser vos propres soufganiyot avec vos enfants ou petits-enfants. Un autre miracle. Celui de la transmission ininterrompue.

* Soufganiya, racine SFG, lisfog : éponger, sfog, éponge.

Ingrédients pour 16 soufganiyot

1 emporte-pièce rond de 7 cm de diamètre

1 seringue pâtissière

1 paille ou un crayon

500 gr de farine blanche

10 gr de levure de boulanger sèche

60 gr de sucre

50 cl huile neutre

2 œufs

1 càc d’extrait de vanille

165 ml d’eau

300 gr de confiture de fraises/oranges, myrtilles ou d’abricots

1 pincée de sel

Sucre glace

Préparation

1. Délayez la levure dans l’eau avec une cuillère à café de sucre et laissez reposer 10 minutes.

2. Mélangez les deux œufs, le sucre, l’huile, le sel et enfin, la levure.

3. Incorporez petit à petit la farine tamisée et l’extrait de vanille (facultatif). Continuez à battre et à pétrir jusqu’à l’obtention d’une pâte élastique, molle et légèrement collante, sans adhérer complètement aux parois du bol.

4. Enduisez d’huile les parois d’une terrine. Déposez-y la pâte en boule et faites là rouler dans l’huile.

5. Recouvrez d’un film alimentaire et laissez la pâte monter dans un endroit chaud jusqu’à ce qu’elle ait doublé de volume. Comptez deux heures.

6. Pétrir la pâte et abaissez-la sur un plan de travail fariné, jusqu’à 2 cm d’épaisseur.

7. Passez l’emporte-pièce dans la farine et découpez des ronds de 5 cm de diamètre que vous déposerez sur une plaque farinée.

8. Il existe deux façons de farcir les soufganiyot : soit vous mettez 1 càc de confiture au centre d’un rond et y déposez un second rond par-dessus en pinçant les bords pour les sceller, soit vous attendez d’avoir frit le beignet pour le faire.

Friture

1. Faites chauffer l’huile à température moyenne. Temps de f
riture : 3-4 minutes. Faites frire l’autre côté, 1 minute. 
Egouttez sur du papier absorbant.

2. Si vous avez choisi de les farcir après la friture, faites un trou au centre avec une paille ou un crayon. Injectez la confiture à l’aide de la seringue.

3. Saupoudrez de sucre glace.

Bon appétit et joyeuse fête de Hanoucca !


 
 

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  • Par Unger - 3/12/2018 - 15:43

    Moins diététique que ça tu meurs...Mais on sait que la tradition est la dictature des morts..