Justice

Le procès de la tuerie du Musée juif de Belgique peut commencer

Lundi 7 janvier 2019 par Belga et N.Z.

La cour d'assises de Bruxelles a dispensé, lundi matin, 68 candidats jurés pour le procès de l'attentat au Musée juif de Belgique. La cour a ensuite procédé au tirage au sort de 24 jurés.

 

Mehdi Nemmouche et Nacer Bendrer, deux Français de respectivement 33 et 30 ans, sont accusés devant la cour d'assises de Bruxelles d'être auteurs ou co-auteurs de l'attaque terroriste commise le 24 mai 2014 au Musée juif de Belgique, situé rue des Minimes à Bruxelles.

Elle avait coûté la vie à quatre personnes : Emmanuel et Miriam Riva, un couple de touristes israéliens, Dominique Sabrier, une bénévole du musée, et Alexandre Strens, un employé du musée.

La cour d'assises a d'emblée dispensé, ce lundi matin, 31 candidats jurés sur base de demandes de dispense reçues au greffe de la cour les semaines précédant le procès. Ensuite, la cour a encore dispensé 37 candidats jurés, après avoir entendu les réclamations de chacun d'eux, en audience publique.

Parmi les candidats jurés dispensés figurent des personnes qui ont pu attester d'une incapacité de travail temporaire ou permanente, des individus travaillant sous statut indépendant, certaines qui ont réservé des voyages durant la période du procès, ou encore des personnes qui ont récemment déménagé et qui ne vivent plus dans l'arrondissement judiciaire de Bruxelles-Capitale.

De manière plus exceptionnelle, la cour a également dispensé une personne qui a dit avoir rencontré Alexandre Strens, l'une des victimes, lors de sa visite au Musée juif. Elle a encore dispensé un autre candidat qui a raconté avoir perdu un collègue dans les attentats de Bruxelles et qui s'est dite trop affectée pour juger de manière impartiale un dossier de terrorisme.

La cour n'a par contre pas exempté d'autres candidats, comme un artiste qui a déclaré être contre le principe de condamnation ou un avocat qui est attendu pour plaider dans les prochaines semaines un dossier à la Cour européenne des Droits de l'Homme. La cour n'a pas non plus dispensé des candidats qui sont employés, malgré que ceux-ci ont exposé qu'ils ne pourraient pas être remplacés dans leur travail.

Huit hommes et quatre femmes ont été finalement été choisis pour composer le jury au procès de Mehdi Nemmouche et Nacer Bendrer, accusés d'être auteurs ou co-auteurs de l'attentat au Musée juif de Belgique.

Neuf femmes et trois hommes ont également été choisis pour être jurés suppléants et donc pour remplacer le cas échéant des jurés effectifs.

Le jury a ensuite prêté serment.

La cour a suspendu l'audience jusqu'à 14h30 lundi. Celle-ci reprendra pour un bref instant, le temps d'expliquer au jury la mission qu'il aura à remplir dès jeudi, lorsque les débats débuteront avec la lecture de l'acte d'accusation par les procureurs fédéraux. Ils se poursuivront les jours ouvrables suivants, durant six à huit semaines.

Huit personnes ou entités se sont constituées partie civile dans le procès de l'attentat au Musée juif de Belgique.

Le Comité de Coordination des Organisations Juives de Belgique (CCOJB) est représenté au procès par Me Michèle Hirsch et Me Elodie Jacques entre autres. Le Centre interfédéral pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme et les discriminations (Unia) est, lui, représenté par Me Christophe Marchand et Me Dounia Alamat.

Le Musée juif de Belgique est quant à lui représenté par Me Adrien Masset et Me Maxime Nardone, et L'Association Française des Victimes du Terrorisme (AFVT) par Me Guillaume Lys et Me Sébastien Cavallo du Barreau de Paris.

Enfin, la famille d'Emmanuel et Miriam Riva sera représentée par plusieurs avocats du cabinet Lallemand & Legros. Les membres de cette famille devraient être présents au procès. Un interprète hébreu a été désigné pour leur traduire les débats.

Les familles des autres victimes sont également représentées par des avocats et une personne présente lors de la tuerie a aussi souhaité se constituer partie civile. Elle est représentée par Me Vincent Lurquin.


 
 

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  • Par Roland Douhard - 8/01/2019 - 17:06

    Les Juifs sont le canari dans la mineLe 24 mai 2014, Medhi Nemmouche était envoyé à Bruxelles par l’Etat islamique pour tuer. L’objectif était d’atteindre la communauté juive et, au-delà, ce qui fonde une démocratie, l’Etat de droit. C’est ainsi que par ce beau samedi de printemps, muni de sa kalachnikov, il pénétra au Musée juif, espérant massacrer le plus de monde possible. En 82 secondes exactement, il coupa le souffle et la vie à quatre personnes. Dominique Sabrier, une bénévole française venue prêter main forte à l’institution juive. Alexandre Strens, un jeune employé du musée. Myriam et Emmanuel Riva, un couple de touristes israéliens. Dès l’annonce de la nouvelle, je m’en souviens comme si c’était hier, les médias parlèrent de « loup solitaire » et s’empressèrent de préciser qu’il ne s’agissait peut-être pas d’un attentat terroriste et que ce n’était pas nécessairement la communauté juive qui était visée … Le lendemain dimanche, cette communauté, choquée mais digne, se recueillit devant le musée. Nous étions trois à quatre cents personnes, guère plus. Ce qui nous interpella d’emblée était la solitude de la communauté. Nous serrions d’autant plus les coudes et les rangs que rares furent les témoignages extérieurs de sympathie et de solidarité. Il fallut attendre plusieurs jours pour voir la Belgique saisir la signification et la portée de ce qui deviendra, non le premier attentat terroriste islamique sur le sol européen – Londres et Madrid avaient été touchées des années plus tôt – mais l’acte inaugural d’une sinistre série meurtrière, estampillée Daech, qui toucha par la suite la France, la Belgique, l’Allemagne, l’Espagne et le Royaume-Uni principalement. Le regard sur Israël devint du jour au lendemain différent, plus compréhensif, car l'Etat hébreu, meurtri depuis 70 ans par des attaques terroristes, auxquelles pas grand-monde ne prêtait attention, devint une source d'inspiration, voire un modèle pour tout ce qui touchait à la sécurité. Un proverbe dit que les Juifs sont comme le canari dans la mine, si l’oiseau ne chante plus et meurt, c’est annonciateur d’un coup de grisou, d’une catastrophe, qui touchera tout le monde. L’attaque terroriste contre le Musée juif de Bruxelles n’est autre que la mort du canari.Un lion du califat ne meurt pasCe 7 janvier a débuté au palais de justice de Bruxelles le procès d’assises de Medhi Nemmouche. Rappelons qu’il fut arrêté en gare de Marseille, le 1er juin 2014, en possession, caché dans son sac, de l’arme de guerre qui servit au massacre ainsi que d’un drap à l’effigie de l’Etat islamique. Souvenons-nous qu’il fait l’objet, depuis juillet 2015, d’une ouverture d’enquête en France pour torture à l’égard de quatre journalistes français enlevés et détenus en Syrie début 2014 (*). Depuis sa détention en Belgique, Nemmouche ne parle pas. Ce mutisme peut être à l'origine d'une pratique autorisée dans l'islam, la "Taqîya", autrement dit la dissimulation, permise dans le cas où un fidèle fait face à une menace: "Quiconque le fait contredit la religion d'Allah, à moins que vous ne cherchiez à vous protégez d'eux (...)", sourate 3, verset 28. Ou encore: "(...) excepté celui qui a subi la contrainte et dont le coeur reste paisible en sa foi (...)", sourate 16, verset 106. Comme il n’est pas mort en martyr sous les balles du satan occidental, afin de se montrer digne de son statut, par son silence, non seulement il est conforme au fondement coranique, mais il affiche encore au monde son mépris pour nos libertés ainsi que son espoir de gagner son paradis et la miséricorde d’Allah. Il est en effet considéré par ses pairs comme un « lion du califat », titre prestigieux, réservé à l’élite djihadiste, qui distingue ses récipiendaires des simples « soldats du califat ». Les martyrs sont récompensés. Lorsqu'ils mettent un terme à leurs jours, en se sacrifiant directement dès l'aube de leur passage à l'acte ou plus tard au crépuscule, au terme d'une procédure pénale par exemple, ils s'ouvrent à la vie éternelle. 72 vierges les combleront pour avoir obéi à l'injonction du djihad: "(...) Lorsque vous rencontrez des infidèles, tuez-les et faites-en un grand carnage et serrez fort les entraves des captifs. Ensuite, vous les mettrez en liberté ou vous les rendrez moyennant une rançon lorsque la guerre aura cessé (...)", sourate 47, verset 4. Pour les nombreux esprits faibles qui lisent le Coran littéralement, en renonçant consciemment ou non à contextualiser, ce qui est le cas des salafistes et des djihadistes, ce passage de la sourate Mahammad, parmi d'autres, n'est rien moins qu'un appel légitimé au meurtre et au terrorisme. Pourquoi ignore-t-on trop souvent cette articulation entre le Texte coranique et les actes ?Un procès qui décevraDoit-on s’attendre à des révélations ? Certainement pas. A des explications ? Non plus. A une tentative de manipulation en vue d'accréditer la thèse de l'erreur judiciaire ou de la machination sioniste ? Assurément. L’accusé et ses avocats, grands amis de Dieudonné, plaideront non coupable; le sac de la kalachnikov de Nemmouche à Marseille, il l'aurait simplement trouvé dans un parc bruxellois ou volé dans une voiture ... On le voit, ce procès tant attendu par les familles des victimes, la communauté juive, qui, je le crains, en espère beaucoup trop, mais aussi, par les Belges, exception faite, c’est une réalité, d’une partie significative de courants au sein de la communauté musulmane, a de fortes chances de décevoir. Pour en savoir davantage, il faudra peut-être, ce n'est qu'un espoir, attendre le procès de Mohamed Abdeslam, celui qui pourrait dévoiler les ramifications multiples et complexes qui permirent à l’Etat islamique d’organiser depuis le Levant les attentats à Charlie Hebdo, à l’Hypercacher de Vincennes, au stade de France, aux terrasses parisiennes, au Bataclan, à l’aéroport de Zaventem et dans le métro bruxellois. En effet, il s’agit de la même cellule terroriste, celle de Verviers, dans l’Est de la Belgique, malheureusement neutralisée qu’en partie, commandée depuis la Grèce par le Molenbeekois et ami d’Abdeslam, Abdelhamid Abaaoud. Ce dernier sera, non le commanditaire, mais l’opérateur principal des attentats de Paris du 13 novembre 2015 et abattu le 18 novembre 2015 à Saint-Denis, lors de l’assaut des forces spéciales de sécurité françaises. Mohamed Abdeslam est donc aujourd’hui l’un des derniers survivants d’un des épisodes terroristes les plus sanglants de cette décennie sur le territoire européen. Il y en eut d’autres depuis, moins élaborés et non préparés depuis l’Irak ou la Syrie, mais non moins meurtriers, comme celui de Nice, le 14 juillet 2016. Chacun sait qu’il y en aura de nouveaux, où et quand, nul ne peut le dire ? Medhi Nemmouche inaugura un cycle parfaitement connu, celui des loups qui chassent en meute, jamais solitaires. Leur haine des Juifs est totale et leur volonté de détruire nos valeurs démocratiques, à savoir, s’en prendre à chacune et chacun d’entre nous sans distinction, quelles que soient nos origines, est infinie, car inscrite dans leur ADN religieux et idéologique. Le procès Nemmouche ne nous en débarassera pas.Comme un parfum totalitaire dans l'airLes débats contradictoires de la cour d’assises de Bruxelles vont retentir dans une étrange époque. Une époque où dans les rues de Paris et de certaines villes françaises de province, dans le dos, par les cris et la violence de certains Gilets jaunes sont inscrits, proférés et assumés des propos et des actes racistes et antisémites. Ce remugle acide et nauséeux unit désormais les ennemis du peuple juif, du respect des valeurs laïques et du débat démocratique. L’extrême droite, qui n'a jamais caché son obsession juive et sa haine des libertés publiques. Les populistes de la gauche radicale, qui, sous couvert d’antisionisme, fredonnent les chants antisémites. Les islamistes, dont la mission n’est autre que de "purifier" le monde de l'étoile jaune et d’en finir avec la pluralité du genre humain et l'universalité des droits et des devoirs. A l'insu de leur plein gré, certains Gilets jaunes, populistes et factieux, non seulement détruisent le socle de soutien de la population au combat social légitime des personnes qui expriment pacifiquement leur détresse. Mais en plus, avec la complicité et les encouragements d'une classe politique irresponsable, tels Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, tentent d'organiser en concert le chaos et l'anarchie et désignent leurs cibles: les institutions de la République, le président Macron, dont on mime le simulacre de décapitation islamiste, des membres de la majorité parlementaire, insultés et agressés, y compris dans leur cercle familial et sur leurs origines, notamment africaines, les forces de l'ordre, victimes de déchaînements de violence inouïe, les journalistes, que l'on voudrait museler, les Juifs, qui, comme il se doit, ourdissent en coulisse le grand complot des élites et de la finance internationale. On délire mais c'est du déjà vu. Le samedi 5 janvier 2019, pour la huitième fois, Paris a été le théâtre de scènes insurrectionnelles. Des Gilets jaunes et blousons noirs ont défoncé les portes du ministère du Secrétaire d'Etat et Porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, dont la famille juive de son épouse a été directement menacée sur les réseaux sociaux. D'autres voulaient marcher sur l'Assemblée nationale, comme le 6 février 1934, quand les ligues fascistes avaient tenté d'envahir l'Hôtel de Lassay. Il y a comme un parfum totalitaire dans l'air. Pour ces barbares qui ont de l'appétit, aidés par des alliés imbéciles et dangereux, les Juifs ne sont que l’entrée du menu, avant le plat de résistance. A chacun de voir. Moi, c'est tout vu. Publié sur mon site lecoindevue.be

  • Par Carine - 9/01/2019 - 10:37

    Roland,

    Je ne suis certaine que d'une seule chose : les juifs ne peuvent compter que sur eux-mêmes. Nous ne sommes aimés par personne. Il ne faut rien attendre des autres.

    Carine

  • Par Thierry - 9/01/2019 - 15:21

    Je voudrais dire à Carine qu'il y a eu des Justes, qui au péril de leur propre vie, ont sauvé des Juifs pendant la seconde guerre mondiale, et je pense qu'actuellement il y a toujours des hommes et des femmes qui apprécient la communauté juive, dans toute sa diversité,qui vit dans notre pays. C'est le cas notamment des chrétiens (éclairés) qui savent que le christianisme n'est qu'un judaïsme réformé offert à la multitude ou des humanistes qui rejettent la haine et les discours antisémites. Quant à savoir si ces personnes sont nombreuses, je n'en sais rien. J'espère.